‘La Force de travail du futur’, livre blanc de Microsoft sur l’évolution de l’emploi industriel face aux progrès technologiques à l’œuvre avec la transformation numérique

Un livre blanc de Microsoft analyse l’évolution de l’emploi industriel face aux progrès technologiques à l’œuvre avec la transformation numérique. IA, robotisation, réalité augmentée remodèlent en profondeur le secteur, poussant les entreprises et leurs employés à repenser leur rôle et leurs priorités.

Dans un livre blanc intitulé « La Force de travail du futur », Çağlayan Arkan, Directeur général de la branche Industrie chez Microsoft, s’est intéressé à l’avenir de l’emploi industriel. Quel va être l’impact des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, sur celui-ci ? Comment faire en sorte que ces technologies soient utilisées de manière responsable ? Voici en synthèse les principales idées développées dans ce document.

La transformation numérique offre de nouvelles possibilités pour le secteur, que ce soit en termes de connectivité et de puissance de calcul. A cela s’ajoutent les technologies émergentes comme l’Internet des Objets (IoT), l’Intelligence Artificielle (IA), le Machine Learning, la réalité mixte ou augmentée, les jumeaux numériques ou encore la Blockchain.

Ces services numériques ouvrent la voie à la supply chain intelligente, à de nouveaux modèles économiques où les produits sont proposés en tant que service, ainsi qu’aux usines du futur, ultra-connectés. Cette mutation des environnements de travail concerne à la fois les employeurs, qui doivent redéfinir leurs besoins, et les employés, qui doivent se doter de nouvelles compétences.

L’industrie confrontée à plusieurs défis

Le départ en retraite imminent des nombreux salariés issus de la génération du baby-boom fait courir un risque important au secteur industriel, fortement concerné par le manque de talents. Une étude de Deloitte et du Forum Economique Mondial évalue à 10 millions le nombre d’emplois industriels actuellement vacants dans le monde. La faible attractivité du secteur auprès des jeunes générations, ainsi que la difficulté à se former aux compétences requises par la transformation numérique, compliquent encore la donne. A lui seul, le manque de compétences explique deux millions de ces emplois non pourvus.

Pour Microsoft, toutes les entreprises vont voir leur métier se transformer, pour s’appuyer de plus en plus sur des couches logicielles et de l’IA. Elles doivent donc s’y préparer dès à présent, en investissant par exemple dans l’impression 3D et la fabrication additive, les robots intelligents ou la réalité mixte. Selon une étude de Keystone Strategy, les entreprises qui s’engagent activement dans cette transformation numérique ont en moyenne un revenu annuel qui dépasse de 100 millions de dollars US celui des retardataires.

L’IA seule pourrait augmenter le PIB global de 14% d’ici 2030 selon le cabinet PwC. Elle permet également le développement des cobots, ces robots qui travaillent en collaboration avec un opérateur humain. En 2019, PwC estime le nombre de ces derniers à 2,6 millions. Ce nombre devrait grimper sous l’effet des baisses de prix attendues : le cabinet de recherches ARK annonce une diminution du coût des robots de 65% dans les 7 ans à venir.

De nouvelles perspectives pour les employeurs

L’automatisation des tâches grâce aux robots va inévitablement conduire à la disparition de certains postes. Néanmoins, de nouveaux métiers vont émerger en parallèle : selon le Forum Economique Mondial, ils représentent 133 millions de créations de postes, pour 75 millions de postes supprimés.

La robotisation devrait aussi favoriser le maintien dans l’emploi des employés seniors, en soulageant ces derniers des tâches répétitives et/ou physiquement exigeantes. Ainsi, les connaissances de ces derniers, précieuses pour les entreprises, pourraient plus aisément être conservées en interne, et mieux diffusées à travers les outils de communication et de formation digitaux.

La réalité augmentée apporte également des réponses aux enjeux sur les compétences. Les collaborateurs expérimentés peuvent transmettre leur savoir via ces outils, qui facilitent aussi la formation des nouveaux arrivants. Après avoir mis en place de tels outils, BAE Systems a par exemple constaté un gain de 30 à 40% sur l’efficacité des formations.

La numérisation du secteur pourrait enfin contribuer au rapatriement d’emplois offshore. Le coût du travail devient en effet moins déterminant avec la robotisation, au profit de la stabilité économique et énergétique, ainsi que de la sécurité des infrastructures.

Les employés oscillent entre craintes et nouvelles attentes

Du côté des employés de l’industrie, la peur du chômage est bien ancrée, d’autant plus que la moitié des entreprises du secteur ont externalisé des postes sur la dernière décennie.

Les salariés s’interrogent sur l’acquisition des nouvelles compétences. D’ici 2030, près de 375 millions d’entre eux vont devoir se former en raison de l’évolution de leurs postes actuels, selon le cabinet Mc Kinsey.

Leurs attentes changent également. Une enquête du MIT montre qu’une majorité d’employés entre 22 et 60 ans veulent travailler dans des organisations ayant mis en place des environnements numériques.

Par ailleurs, près d’un tiers de la jeune génération est déjà familière des technologies d’intelligence artificielle, notamment grâce aux outils de type chatbots. Pour les entreprises, cette aisance peut être mise à profit et devenir un atout.

Le secteur doit se préparer pour répondre aux enjeux

Malgré ces opportunités, à court terme la digitalisation de l’industrie risque de détruire plus d’emplois qu’elle n’en crée. Le secteur doit donc se préparer à accompagner au mieux le changement socio-culturel à l’œuvre dans le monde du travail.

Pour Microsoft, cet accompagnement passe principalement par l’éducation et la formation continue. Les efforts doivent se concentrer sur les nouveaux rôles : scientifiques de la donnée, experts de l’IA et du Machine Learning, spécialistes de la transformation digitale.

La législation doit également évoluer pour s’adapter aux nouveaux modes de travail. Il n’y a plus seulement d’un côté les salariés à temps plein, de l’autre des prestataires indépendants, mais une multitude de statuts intermédiaires.

Source : The Workforce of the Future, livre blanc Microsoft

Article d’Aurélie Chandèze publié sur IT SOCIAL

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