Nouvelle étude Malakoff Médéric Humanis : où en est le télétravail en France ?

Notre partenaire et sponsor Malakoff Médéric Humanis vient de publier une nouvelle étude sur le télétravail en France.

L’étude est publiée sur le site du comptoir de la nouvelle entreprise, qui se donne pour objectifs de faire connaître et partager les 10 années d’études de Malakoff Médéric Humanis afin d’éclairer tous les défis de l’entreprise d’aujourd’hui et de demain sous l’angle du capital humain et de partager les solutions mises en place.

Le télétravail : au cœur de la révolution managériale

Aujourd’hui, 29% des salariés français déclarent télétravailler, chiffre en hausse de 4 points depuis 2017 ! Depuis les ordonnances Macron simplifiant son recours, le télétravail continue de gagner du terrain. Mais derrière cette démocratisation progressive du télétravail se cache un phénomène complexe, à double tranchant, qui explique la persistance de certaines réticences et implique l’orchestration de solutions managériales adaptées.

L’essentiel de l’étude par Anne-Sophie Godon-Rensonnet, Directrice Veille et Innovation de Malakoff Médéric Humanis

Le télétravail, une pratique en hausse

Marginale la pratique du télétravail en France ? De moins en moins d’après les résultats de notre deuxième étude sur ce nouveau mode de travail[1]. Longtemps à la traîne par rapport à nos voisins scandinaves, la France serait en passe de rattraper son retard. Avec un nombre croissant de salariés et d’entreprises qui le pratiquent, le télétravail connaît un véritable essor. Une augmentation en partie liée à la légère hausse de la pratique contractualisée du télétravail (+50% par rapport à 2017). Mais cette institutionnalisation progressive n’est toutefois pas assez significative pour contre balancer le modèle dominant : le télétravail informel beaucoup plus pratiqué (21% des salariés vs 19 % en 2017) (22% d’entreprises vs 18% en 2017).

Le télétravail reste également ponctuel avec en moyenne 7 jours par mois passés en télétravail ce qui est proche de la durée idéale perçue par les salariés (6,7 jours). Et ce malgré sa forte attractivité.

Un télétravail nommé désir

56% des salariés aimeraient bénéficier du télétravail et 62% parmi ceux dont le métier ne le permet pas.

Le télétravail séduit de plus en plus parce qu’il répond au besoin croissant de souplesse et d’autonomie exprimés par les salariés pour mieux articuler leur vie pro et perso. En effet, depuis 10 ans, la durée des trajets pour se rendre au travail s’est allongée ce qui a pour conséquence directe de fragiliser l’équilibre entre la vie pro perso ainsi que la santé des collaborateurs. C’est donc sans surprise que, parmi les raisons qui poussent les salariés à demander le télétravail se trouve en tête de liste, la réduction du temps de trajets (cités par 54% des télétravailleurs) suivi de la souplesse des horaires (36%).

Mais loin d’être bâtie sur du sable, sa popularité est effective et s’éprouve sur le terrain. Dans la pratique, le télétravail est, en effet, largement plébiscité. Sur les 29% de télétravailleurs, près de 8 sur 10 en sont satisfaits. Et chez les managers qui encadrent des télétravailleurs, ils sont à 83 % à être favorables au télétravail contre 45 % qui n’encadrent pas.

Ainsi, si le télétravail séduit de plus en plus, ce n’est pas parce que sa popularité résulte d’un effet de mode managériale mais plutôt de sa mise en pratique effective qui produirait des résultats escomptés sur le bien-être et la productivité des salariés.

Télétravailler pour mieux travailler

Télétravailleurs, managers et dirigeants, tous sont unanimes : le télétravail améliorerait la qualité de vie au travail et la performance.

Une fatigue qui diminue, une santé qui s’améliore, un sommeil nettement meilleur tels sont les bénéfices du télétravail perçus par une très large majorité de salariés sur leur santé. Pour 85% d’entre eux, le télétravail permet également de trouver un meilleur équilibre entre vie pro et perso. Du côté des dirigeants, le télétravail produit aussi des bénéfices sur le bien-être des salariés : pour 92% des interrogés, cette pratique permettrait une meilleure qualité de vie au travail.

Mais loin de se cantonner au seul périmètre de la santé et du bien-être, le télétravail renforce également la productivité des salariés ce qui bat en brèche le cliché du salarié en jogging sur son canapé en train de faire du binge watching sur Netflix !

Plus au calme, plus détendus et moins fatigués, les télétravailleurs bénéficient de conditions de travail plus favorables à la concentration qu’au bureau. Ainsi, près de 9 télétravailleurs sur 10 estiment gagner en efficacité dans leur travail. Point de vue partagé par 67% des managers qui encadrent les télétravailleurs ainsi que par les dirigeants : 79% d’entre eux estiment que le télétravail permet un engagement accru et une plus grande productivité des équipes.

Plus productifs, les télétravailleurs gagneraient également en autonomie et en responsabilité pour 91% des dirigeants et pour plus de 7 managers sur 10.

En instillant plus d’autonomie, le télétravail serait un des leviers pour lutter contre la crise de motivation et le désengagement des salariés de plus en plus important dans les entreprises. Pour 83% des salariés, le télétravail booste leur engagement.

Autre bénéfice majeur du télétravail : la baisse de l’absentéisme. Ils sont près la moitié des dirigeants (49%) à l’indiquer parmi les bénéfices du télétravail.

Toutes ces vertus bienfaitrices sur la QVT et la productivité des salariés, ne doivent néanmoins pas occulter les risques cachés qu’une pratique du télétravail non raisonnée et mal accompagnée peut provoquer.

Le télétravail, une pratique à double tranchant

La pratique du télétravail est loin d’être un fleuve tranquille. Si le télétravail comporte de nombreux avantages, il génère également des risques à prendre en compte. C’est l’autre face de la médaille.

Alors qu’il doit permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie de famille et de mieux gérer son temps, le télétravail peut produire l’effet inverse. Pour 60% des salariés, le télétravail engendre un empiétement de la vie pro sur la vie perso, 47% d’entre eux citent la surcharge de travail comme un des risques et 51% le risque d’addiction au travail.  Ainsi au lieu de mieux fixer la limite entre la sphère privée et professionnelle, il la rend poreuse en faisant déborder le travail au-delà de la frontière que le salarié souhaite édifier entre son travail et sa vie. Ce brouillage des frontières est d’ailleurs facilité par l’absence d’espace dédié au travail: plus de la moitié des télétravailleurs ne possèdent pas d’un lieu spécifique pour télétravailler.

Travailler à domicile n’est également pas sans danger sur la santé physique et psychologique. 42% des salariés citent le risque de sédentarité, de mauvaises postures et 54 % d’entre eux craignent la perte de lien social, l’isolement. Crainte partagée à 46%par les dirigeants.

Bref, alors qu’il était la solution, le télétravail devient le problème. D’où la nécessité de bien le préparer et l’accompagner. Car si télétravailler revient à apprendre à travailler autrement, il implique également à manager autrement.

A l’école du télétravail ou la formation nécessaire des « télémanagers »

Manager à distance des collaborateurs non présents sur leur lieu de travail, s’assurer que le travail est bien fait, maintenir le lien avec l’équipe, représentent les principaux freins au déploiement du télétravail dans les entreprises. 56% des dirigeants citent les difficultés managériales en haut de la liste des inconvénients.

Quant aux premiers concernés, les managers, si plus de la moitié reconnaisse les difficultés liées à l’organisation du travail, ils voient surtout dans le télétravail, l’opportunité de renouveler leurs pratiques managériales. Ainsi, pour plus de 8 managers sur 10, le télétravail implique de repenser le maintien des liens collectifs et la façon de déléguer et contrôler les taches.  Cette organisation du travail à distance nécessite des relations de confiance et surtout la capacité des managers à détecter les personnes aptes à gérer la situation de télétravail.

D’où la question de la formation des « télémanagers ». 85 % des managers qui encadrent des télétravailleurs estiment qu’il est nécessaire de former les managers à ces nouvelles pratiques. Aujourd’hui, ils ne sont que 31% à bénéficier d’accompagnement spécifique.

Le télétravail ne se décrète pas, il se construit, se prépare, s’apprend. Ce nouveau mode de travail a le mérite de booster la performance et d’améliorer la santé des salariés de la qualité de vie au travail, à condition d’être accompagné par l’entreprise : formation des managers et des salariés, évaluation régulière des bénéfices et des inconvénients, durée maximale à fixer… L’enjeu pour l’avenir : créer les conditions de réussite du télétravail et du management à distance qu’il implique.

[1] Etude de perception réalisée par Malakoff Médéric Humanis en partenariat avec l’IFOP du 30/11/2018 au 11/12/2018 auprès d’un échantillon représentatif de 1 604 salariés (dont 581 managers) et 401 dirigeants d’entreprises d’au moins 10 salariés.

Cet article reprend l’étude publiée sur le site le comptoir de la nouvelle entreprise.

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